Les Salelles (Ardèche)

PORTRAITS DE SALELLOIS

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Raymond et Marie CHALBOS

Portraits de Raymond et Marie Chalbos

Raymond, 92 ans, est né dans la maison où il habite depuis 1953 avec sa femme, Marie, 88 ans. Jusqu’à son certificat d’études, Raymond descendait à pied à « l’école libre » des sœurs catholiques (située en face de l’église St Sauveur), qui accueillait aussi des pensionnaires de Malarce, de Thines et des alentours. Ses parents étaient vignerons à Montachard, avec quelques pêchers et cerisiers. Pendant la dernière guerre, les Chalbos avaient 8 chèvres et une vache. Ils faisaient des fromages et les vendaient à l’épicerie Sully à Seyras restée ouverte pendant le conflit. Avec leur potager et la source à côté de la maison, la famille était presque autosuffisante. Marcel, le père de Raymond, est devenu maire de la commune en 1947, suivi par son fils Roger de 1965 à 2001. Raymond a rencontré Marie, qui venait de Lorraine. Ils se sont mariés en 1953, ont eu deux enfants : Christian et Marie-Renée, et bientôt 6 arrière-petits-enfants.

A partir des années 60 les Chalbos ont arraché les sapins pour planter des vignes. Après quelques années, la récolte est passée de 50 à 200 tonnes de raisins par an. Le vin était élaboré sur place jusqu’aux années 80, puis ils ont apporté les raisins à la cave des Vans. Jusqu’à 1963, leur seul moyen de déplacement était un tracteur. Par la suite, ils ont acheté une camionnette. A part 3 mois en Algérie et 9 mois en Allemagne pour son service militaire, Raymond a passé toute sa vie à Montachard. C’est seulement à la retraite qu’ils ont pu voyager, en Croatie, en Italie, en Suisse, au Tyrol, en Espagne, mais aussi en France : Alsace, Normandie, et Bretagne.

Raymond aime danser et le couple participait régulièrement aux activités organisées par l’UNRPA jusqu’au début de la pandémie.

Marie et Raymond souhaitent à la jeunesse des Salelles d’avoir du courage. « Même si la situation d’aujourd’hui n’est pas agréable, nous avons ont connu pire » disent-ils.

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Dauphiné du 4 mai 2021



Entretien Virginie Chomette, Artiste singulière, www.luz-art.fr Le 18/12/2020 à l’ancien presbytère de l’Église St Saveur des Salelles.

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Virginie CHOMETTE
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Virginie CHOMETTE


D’origine Stéphanoise, Virginie Chomette, 47 ans, diplômée des Beaux-Arts de St Etienne et Clermont Ferrand, est arrivée aux Salelles en 2010 où elle crée de l’art singulier dans l’ancien presbytère de l’Église St Sauveur des Salelles. L’art singulier utilise des techniques et des moyens très originaux, il est ancré dans le vécu émotionnel, et il affiche une grande spontanéité́ interpellant ainsi de façon plus vivante le monde de l’art académique. Virginie ne conceptualise pas ses œuvres qui se forment et naissent suivant un processus de création exigeant. Ses réalisations contiennent beaucoup de tissus et de fournitures qu’elle récupère un peu partout. Armée d’un pistolet à colle elle crée des pièces souvent plus grandes qu’elle.

Virginie n’a pas toujours été artiste à plein temps ; elle décrit la vie comme un collier de perles où chaque perle représente une étape avec un sens précis. Après ses études aux beaux-arts, un séjour en Angleterre et de multiples voyages, elle a été embauchée comme enseignante dans un Institut médicoéducatif à St Etienne pour accompagner des enfants autistes de 6 à 12ans. Sans aucune expérience dans le domaine, elle a suivi une formation spécialisée.

Ce métier et les enfants l’ont fascinée, mais, au bout de 10 ans, l’accumulation croissante de règles contraignantes a effacé le plaisir de travailler librement dans ce milieu. Après quelques remplacements comme professeur d’arts plastiques dans un collège de Haute Loire, Virginie a décidé ensuite de venir s’installer en Ardèche. Elle a appris que le presbytère des Salelles se libérait, elle y a emménagé en 2010 avec ses deux enfant, Zoé aujourd’hui 20 ans et Jules 17 ans. Son arrivée aux Pays des Vans, et aux Salelles en particulier, a été une belle illustration du collier de perles, de la magie de la vie.

Au début Virginie n’avait pas d’atelier pour exercer son art. Elle travaillait à l’appartement où elle confectionnait des luminaires, des objets uniques et fonctionnels qu’elle vendait dans le petit magasin « Croque la pomme » et aux marchés des créateurs aux Vans. Après deux ans d’acclimatation et d’approfondissement créatif, elle a eu l’opportunité d’animer des activités périscolaires financées par les communes pour les écoles de Gravières, des Assions et de St Paul le Jeune.

Quelques années plus tard, le local sous le presbytère avec une porte d’entrée directe sur le côté, est devenu son atelier. « Sa grotte » lui permet aujourd’hui de pratiquer son art singulier, avec l’envie de surprendre. Virginie aime créer des séries de pièces d’art et des personnages. Ils émergent de « la grotte » avec une liberté artistique qui parfois commence avec une peinture découpée puis transformée, recollée et décorée.

Depuis 2017 Virginie travaille des projets artistiques avec les résidents des EHPAD de Valgorge et des Vans où elle expose. En 2019, à la demande de la famille Lejeune, Virginie a créé une fresque pour le nouveau cimetière des Salelles. Aujourd’hui, elle expose à la galerie d’art contemporain « Art Compulsion » de Montpellier, et participe à des expositions et des festivals d’art singulier à Lyon, Aubagne, Marseille, aux Saintes Maries de la Mer… L’atelier de Virginie est ouvert au public.

Vous trouverez ses coordonnées de contact sur son site www.luz-art.fr

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Dauphiné du 25 janvier 2021



Entretien avec Jean-Benoît PLAGNOL à Bas Montachard le 5/8/2020. Par Bertrand REMI & Anna WORM

Si vous venez aux Salelles par la route de Chambonas, vous ne pourrez pas rater sur les deux côtés de la route, les vignobles de Jean-Benoît et Armelle Plagnol. Jean-Benoît, bientôt 56 ans, d’une famille Salelloise d’agriculteurs à Montachard depuis 4 ou 5 générations, a partagé avec nous l’histoire de sa famille et ses projets (passés et futurs) autour des vignes.

Avant la seconde guerre mondiale, Maurice, son père, qui avait perdu ses parents très jeune, a dû quitter Montachard pour grandir chez sa tante à Chambonas. A 16 ans, il a commencé à travailler à la mine de Pigère ; aller-retour à vélo, enchainant parfois 2 rotations de 8 heures. Il se baignait dans le Chassezac pour se laver avant de rentrer à la maison. En 1951, il a repris le travail de ses parents à Montachard, au début avec la culture des pêchers. A cette époque, Maurice vendait ses pêches à bons prix au pont de Gravières, avec ses cagettes sur sa Vespa. Pendant la période des vendanges dans le midi, une activité nécessaire pour compléter ses revenus, il a rencontré Antoinette, une fille auvergnate. En ce temps-là, à Montachard, il y avait des châtaigniers là où Maurice a commencé à planter ses vignes. Petit à petit Maurice s’est converti vers la culture des vignes, la terre étant trop pauvre pour bien vivre des pêches et des châtaignes.

Dans les années 80 le cépage Gamay a été introduit. Maurice en a planté ainsi des cépages hybrides, plus résistants contre les maladies. Il faisait son vin à Montachard mais il a rapidement rejoint la cave coopérative de Payzac. Les coopératives donnaient des directives assez strictes, les pieds hybrides, n’étant pas assez nobles, ont tous été arrachés.

Après son baccalauréat en construction mécanique, Jean-Benoît a travaillé à la cave coopérative des Vans et puis a fait son service militaire quand son père Maurice est mort dans un accident de tracteur en 1984. Jean-Benoît est retourné à Montachard pour soutenir sa mère pour le travail des vignes. Après 7 ans ensemble sur l’exploitation, Antoinette a pu prendre sa retraite. Depuis 1991, Jean-Benoît travaille à son compte. Ses voisins, Raymond et Marie Chalbos, également viticulteurs, l’ont beaucoup aidé. Ils faisaient les vendanges ensemble et Jean-Benoît, étant déjà un peu équipé, leur rendait aussi service. Après leur retraite il a repris leurs vignes. Maurice et Antoinette Plagnol travaillaient 3 hectares de vignes, aujourd’hui Jean-Benoît en a 7.

Quelques années plus tard, Jean-Benoît a rencontré Armelle, sa femme depuis 2001, mère de ses deux filles Amélie et Éloïse et surtout la personne avec qui Jean-Benoît réalise ses rêves autour de la vigne. Une vie commune pleine de projets : un gîte dans l’appartement au-dessus de la maison d’Antoinette, la construction de leur propre maison et une conversion de la viticulture conventionnelle au biologique. Après le décès de Roland Pansier (2013), un très proche ami de Jean-Benoît, agriculteur de St Pierre, Jean-Benoît a eu un déclic et a abandonné toute utilisation de produits chimiques (fongicides, insecticides, herbicides) et s’est lancé dans le bio. Quatre ans difficiles ont suivi ce choix. Entre temps les caves de Payzac et Rosières ont fusionné avec celles de Largentière et des Vans mais les raisins bio n’étaient toujours pas appréciés. Avec un rendement inférieur de moitié au conventionnel (40 hectolitres par hectare étant l’objectif de Jean-Benoît et Armelle, en conventionnel on peut avoir 70-80 hectolitres/hectare), mais les raisins payés au même prix furent une perte sèche.

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Jean Benoît PLAGNOL

Depuis 2016, Jean-Benoît vend ses raisins pour faire des vins bio et nature, et garde le reste pour faire ses propres cuvées. Avec la reprise des champs de la famille Chalbos et des autres parcelles on trouve du merlot, du grenache, du chatus et des hybrides rouges et blancs. Les vignes hybrides sont des plants pollinisées avec les plants plus résistants, génération après génération pour créer, après une quinzaine d’années, un plant beaucoup plus résistant contre les maladies. Aujourd’hui plusieurs hybrides sont autorisés pour la vinification, donc le couderc et le villard blanc que l’on retrouve chez les Plagnol. En 2017 les Plagnol ont reçu le label bio.

A ce jour, 95% de raisins sont vendus ; Jean-Benoît et Armelle ne gardent que 5% pour faire 2000 bouteilles de vin nature par an, qui sont vendues à domicile, à la cave « Vins sur Vans », à Nîmes et même à Paris. Ils voudraient bien monter à une production de 10.000 bouteilles par an, mais ils ont besoin d’espace pour la production. Un projet de construction d’une cave liée avec un espace d’accueil pour partager avec les touristes la vie autour des vignes, est dans leur esprit. Une autre ambition du couple les amène à viser un niveau au-dessus du bio : la biodynamie, où on travaille d’une manière ésotérique, inspirée par Rudolph Steiner en tenant compte de la lune, de la fertilité du sol et beaucoup moins du feuillage.

Armelle et Jean-Benoît travaillent tous les deux à plein temps avec leurs vignes sur notre commune (et sur Chambonas), avec l’aide d’un et parfois deux employés, dont Jacques Derain, dit « Jacquot », ancien employé municipal. Après sa retraite Jean-Benoît voudrait s’assurer que ses vignes continueront d’être travaillées de manière bio pour la qualité du vin mais aussi pour la qualité de vie du voisinage. Les parents Plagnol laissent le choix ouvert à leur deux filles, Amélie 18 ans et Éloïse 13 ans, de travailler plus tard dans la viticulture. Deux de quatre cuvées portent leurs prénoms, les autres cuvées sont appelées Maurice, Raymond et Jacquot, d’après les prénoms des personnes qui leur tiennent à cœur.

N’hésitez pas à vous arrêter pour visiter les vignes et goûter les vins de Jean-Benoît et Armelle !

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Dauphiné du 5 novembre



Albert, le doyen du village à 93 ans, bon pied, bon œil

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Albert et Lucienne Gévaudan
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Albert et Lucienne Gévaudan
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Albert Gévaudan


Nous avons voulu rencontre le doyen du village, Albert Gevaudan, 93 ans, pour qu’il nous raconte sa vie, sa famille, son expérience. Sa première réaction : « Attends au moins que je sois mort !! » et voilà tout de suite la force de caractère de cet homme. Albert est né un 19 septembre 1926 à Malarce sur la Thines, quartier des Fontoux, quartier qui se trouve à l’extrémité de la communes des Salelles, loin de Malarce, mais le découpage cadastral en a fait la propriété du village de Malarce. Ses parents paysans ont eu 6 garçons dont deux, Sylvain et René sont décédés, Albert étant le plus ancien encore en vie, puis Elie, Jean et Georges. Albert, comme ses frères, allaient à pied à l’école communale des Salelles, au-dessus de la mairie actuelle et où on parlait français, mais à l’âge de 13 ans, il a préféré la quitter, aider ses parents à la ferme et aider les paysans du village ou couper les arbres destinés aux étais de mines à l’époque et surtout pour se faire un peu d’argent.

Adolescent et lassé des travaux de la ferme, il quitte l’Ardèche en 1954 pour rejoindre un oncle à Marseille, travailler pendant deux ans dans une laiterie pour finalement être engagé comme chauffeur de bus à la RATM (Régie Autonome des Transports de Marseille) devenue RTM (Régie des Transports Métropolitains) où il a travaillé jusqu’à sa retraite. Entre temps, il a rencontré sa future épouse, Lucienne, sa voisine du quartier de Luminière, née le 18 décembre 1933, qu’il épousera en 1955 et qui le rejoindra à Marseille, où elle a travaillé comme agent de service puis comme aide-soignante au lycée Jean-Perrin. Ils ont deux fils, Alain, né en 1956 et Bruno né en 1960 qui sont très proches de leurs parents.

Albert et Lucienne ont pris leur retraite et sont revenus construire leur maison aux Salelles, à 500 m de la maison familiale. Les passions d’Albert sont simples, naturelles et écologiques : son jardin, ses oliviers, ses châtaigniers, ses vignes avec lesquelles il produit son vin tous les ans et surtout la chasse, qu’il a quand même dû arrêter il y a deux ans.

Tous les deux sont très assidus à toutes les manifestations des associations du village : l’UNRPA Gravières-Les Salelles avec les jeux de cartes le mercredi, les voyages, les spectacles, celles du comité des fêtes, les lotos, les castagnades, le 15 août ou les réveillons de fin d’année. Le couple est très apprécié des habitants du village par leur gentillesse et leur sympathie accueillante. Longue vie au doyen et rendez-vous en 2026 !

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Dauphiné du 6 mai



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